Elle est là, je la vois, juste au bout de mon bras. Quelques centimètres de plus, un peu plus, je vais l’avoir, je vais l’avoir. Je pourrais tricher un peu, il y en a bien une rose un peu plus bas sur la droite et une jaune juste en dessous, mais j’ai dit que je finissais la noire et c’est la noire que je veux. Mais plus je reste statique, plus je fatigue, et mes bras se mettent à trembler. Alors, je pousse sur la jambe gauche, me tends un peu plus, un tout petit peu plus. Je l’ai, du bout des doigts, je l’attrape, je l’agrippe presque. Mais c’est mon pied qui part en vrille et voilà que je me balance dans mon harnais à quatre mètres du sol. Isa, qui m’assure tout en gardant un œil sur ma copine de galère qui essaie d’escalader une verte à coté, est morte de rire. « T’inquiètes pas, à force de t’entrainer tu y arriveras !»
Je regarde mes emails plusieurs fois par jour mais rien. Le flot d’appels incessant des agents de recrutement, inévitable dès qu’un CV apparait en ligne, s’est tari. Et je n’ai pas non plus de nouvelles des RH du gros événement sportif de l’an prochain, et ne sais donc toujours pas si je suis sélectionnée pour un second entretien. J’ai l’impression d’être coincée dans mon poste pour l’éternité sans porte de sortie. Fab ne sait plus quoi dire pour me rassurer. « T’inquiètes pas, ca fait même pas deux mois que tu cherches, tu vas trouver, t’es pas à la rue de toute façon, y a pas d’urgence, laisse toi du temps pour trouver quelque chose de bien. »
J’ai arrêté de regarder mon portable, j’ai perdu l’intérêt. Je ne veux pas me stresser pour une histoire qui reste au point mort. Peut être que j’aurai des nouvelles, peut être pas, on verra, on ne va pas se forcer, ca ne sert à rien. Et je ne m’inquiète pas, des fois ca marche, des fois ca ne marche pas, on ne sait pas trop pourquoi. Et pour une fois, ce n’est pas parce que c’est un connard/loser/abruti/pauvre type (rayer les mentions inutiles – ou pas), juste parce que des fois ca marche pas. Mais un jour, ca viendra…
ben dis donc, c’est moyennement la forme, non ?
Je prends mon mal en patience… (contrairement a la semaine dernière ou j’ai cru que j’allais péter un câble!)